Le Commodore 64 est, selon les estimations, l’ordinateur le plus vendu de tous les temps. Fort de son succès il a hebergé un nombre incalculable de hits. Une excellente raison pour voir débarquer sur le micro 8bits un portage d’un jeu d’arcade de Capcom lui aussi fort célèbre : Street Fighter !

Effectué par Tiertex, un studio de la banlieue de Manchester pour la version PAL (Pacific Dataworks International pour la version NTSC), ce portage de 1988 eut la forte responsabilité de venir se placer aux côtés d’autres titres de combats populaires déjà présents sur micro à cette époque : Yie Ar Kung-Fu ou The Way of the Exploding Fist. Et bien c’est plutôt … raté … je m’explique.

Tout d’abord rappelons que le hardware du c64 n’était pas bien sûr à la hauteur du PCB de l’arcade ce qui a rendu encore plus difficile la conversion. Ce fût aussi le cas pour un grand nombre d’autres jeux d’arcade portés à cette époque.

Je vous préviens, je vais spoiler dur. Et critiquer aussi.

Des ennemis, en veux-tu en voilà !

C’est Ryu qui s’y colle. Le desormais célèbre combattant au kimono blanc devra affronter toute une ribambelle d’ennemis dans ce voyage à travers le monde !

Street Fighter C64 Enemies

Certains ennemis ont des coups spéciaux, le seul qui je trouve s’est vraiment détaché des autres à ce niveau là c’est GEKI. Le bougre a la capacité de se téléporter et de lancer … des shuriken. De son côté Sagat est semble t’il capable de lancer sa fameuse boule de feu. Les autres par contre ne m’ont pas montré leurs talents cachés lors des multiples combats que j’ai fait pour ce test. Mais la plus grosse déception provient de l’absence totale de tous les coups spéciaux de Ryu, bien présents dans la version arcade. Le fameux Hadoken et l’uppercut sont partis en vacances.

Le jeu offre la possibilité de jouer à deux avec un ami. Par contre autre déception de ce côté là, on ne peut pas choisir les autres personnages. Ça sera toujours Ryu vs Ken, ça doit être de là qu’est née leur rivalité historique. Le seul moyen de changer de personnage dans ce mode sera d’échanger les manettes avec le 2ème joueur.

Du voyage, en voilà !

Dans Street Fighter, on voyage. Ryu prends l’avion juste pour aller péter la gueule de gars qu’il ne connait même pas ! Je sais c’est dans le cadre d’un tournoi (enfin je crois), en tout cas j’espère qu’il en profitera pour faire du tourisme un peu ! D’un dojo au Japon, des rues malfamées de l’Angleterre, du système ferroviaire Américain en passant le par le Taj Mahal et la Grand Muraille de Chine on s’en prends plein les mirettes et on nous fait /presque/ rêver ! C’est donc 5 pays que Ryu le costaud de service va visiter pour mettre à l’épreuve ses talents.
Entre chaque pays vous aurez aussi le droit à un stage bonus dans lequel vous devrez montrer votre capacité à casser du bois. Littéralement. Je vous laisse apprécier les décors.

De la maniabilité, en voilà  (ou pas) !

street-fighter-c64-congratsQuand il s’agit d’aborder le sujet de la maniabilité dans ce jeu, il faut prendre des pincettes. Rappelons que les micros de cette époque avaient en guise de manette, pour la plupart, des joystick (manche à balais) à un seul bouton. Je vous laisse imaginer le calvaire pour placer tous les coups disponibles dans la version arcade du jeu qui comporte 6 boutons, 3 coups de poing et 3 coups de pied. C’est une combinaison entre l’unique bouton et les multiples directions qui déclencheront les diverses techniques de combat de Ryu. Il n’est plus bien sûr question d’intensité de coup ici. Tout sort avec la même force.

Les zones de contact quant à elles, sont assez floues. Parfois on touche l’ennemi en le frappant à 1m dans le vide devant lui, parfois pas. Comme on est pas bien sûr de ce qu’on fait, le développeur a eu la présence d’esprit d’afficher une sorte de tache noire au moment où l’on porte un coup et que l’on touche.

Du son, en voilà !

Des bruitages, y’en a pas. Du moment que la musique est activée, c’est la seule présence sonore lors des parties. Et c’est tant mieux car elle n’est pas ratée, je la trouve plutôt même réussie. Son rythme entrainant vous poussera à vous défendre et à attaquer de front sur chaque arène ! Un extrait juste en dessous.

La version NTSC une surprise, et de taille !

Lors de l’écriture de cet article j’ai dû bien sur enrichir ma culture vidéo ludique en faisant de plus amples recherches sur ce titre. Ayant marre d’attendre le chargement de la cassette originale que je possède et pour des raisons de facilité, je suis rapidement passé à la version émulée du jeu. Et là au détour d’une ROM, surprise ! Je lance la version US et dès l’écran titre, différence totale. Dans le jeu différence totale ! Même la musique n’est pas la même. Me reviennent alors tous les souvenirs de l’époque, il arrivait parfois que chaque continent ait sa propre version, et c’est donc le cas car comme je l’évoquais en introduction la version NTSC fut développée par Pacific Dataworks International. Et je dois dire qu’ils ont vraiment mieux travaillé. Mais comme les images parlent toujours mieux d’elles mêmes, je vous ai concocté un mini comparatif en vidéo juste en dessous.

Ça se passe comme ça chez Commodore

Pour la petite anedocte, comme vous pourrez le voir dans la notice que j’ai jointe à cet article, le branchement des manettes diffère selon la version que vous possédez … Les petits défauts du C64. Sur la version NTSC vous brancherez la manette 1 dans le port #1 et la 2 dans le port #2, ce qui semble logique. Et bien pour la version PAL c’est l’inverse …

Et chez les autres ça ressemble à quoi ?

Voilà un bref aperçu des versions “équivalentes” 8 bits sur CPC, Spectrum et aussi la version originale Arcade. Histoire que vous soyez bien dégoûtés.

Tout ça pour dire que …

HADDDDOOOOOOOOOKEEN

Malgré tout cela, bizarrement, je me suis quand même amusé avec ce titre, serait-ce un plaisir coupable ? je ne pense pas. C’est certainement l’effet de surprise et le côté raté/kitsch de la chose qui sur le moment m’a fait rigolé. Je ne pense pas que la prochaine fois que je le relancerais je serais aussi tolérant …

Quand bien même, vous devriez essayer ce Street Fighter, ne serait-ce que votre culture, savoir d’où le titre vient et de quoi bien d’autres jeux de combats se sont indirectement inspirés !

 

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