Retr’Opinion – Video Games: The Movie de Jeremy Snead

Netflix est un excellent service de vidéo à la demande et vous auriez tort de ne pas en profiter. Disposant d’un catalogue de qualité, avec des films, séries et documentaire allant des années 50 à nos jours, ce service a su s’imposer dans de nombreux foyers dans de nombreux pays du monde dont la France. En effet disponible depuis un peu plus de deux mois maintenant dans l’Hexagone, ce fut l’occasion pour de nombreuses personnes de visionner Video Games: The Movie.

Un film par les joueurs (en partie) pour les joueurs (américains)

Ce projet ne vient en effet pas de n’importe où. C’est via Kickstarter, entre mai et juin 2013, que Video Games The Movie a obtenu son financement de 107 235 $ pour un objectif de 60 000 $ par 1134 backers donc autant dire que le hi-score a été battu tranquillement. Il est d’ailleurs intéressant de constater que les récompenses top-tire de 10 000 $ ont toutes deux trouvé preneurs de même que deux des récompenses offertes à 5000 $. Ça fait réfléchir. Cependant, à la fin de la vidéo de présentation du projet, le réalisateur nous explique que cette campagne de financement ne servira qu’à financer la post-production du film, le documentaire ayant déjà été tourné. Dans le même ordre d’idée, il nous explique que ce n’est pas tant l’Histoire des jeux vidéo qu’il veut mettre en avant que de déconstruire les stéréotypes de ce médium ainsi que ceux liés à son industrie. De même, ce n’est pas le coup d’essai de Jeremy Snead puisqu’il avait financé sur cette même plateforme un projet beaucoup plus modeste nommé Office Rehab entre octobre et novembre 2011.

No hay Amiga

Le documentaire débute sur un résumé de l’Histoire des jeux vidéo et c’est bien cela qui va poser problème. Le tout est tellement condensé, qu’une dizaine de minutes suffisent à en faire le tour avec une frise chronologique que l’on reverra, un peu trop, par la suite. Vous vous en doutez, l’impasse est donc faite sur de nombreuses choses et pas des moindres. En effet, il n’est à aucun moment fait mention des micro-ordinateurs ! Eux qui étaient là lors de la transition entre les consoles américaines et japonaises. Eux qui ont pourtant vu de nombreux jeux sortir en exclusivité sur des machines comme l’Atari ST ou l’Amiga qui sont des ordinateurs américains. C’est un vrai manquement mais qui ne vous paraîtra sûrement pas aussi choquant que le suivant. Saviez-vous que le jeu vidéo était composé uniquement de consoles de salon ? Non, c’est pourtant ce que le film nous montre malgré lui. La Game Boy apparait tout de même sur la frise chronologique et dans une vidéo d’archive tirée d’une publicité d’époque mais les consoles portables ne sont tout simplement pas abordées ! C’est quand même un comble de se prétendre réalisateur et gamer avant tout en omettant des monuments pareils !

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Congratulation you are winner

Ceci étant dit, il n’y a pas mensonge sur la marchandise, l’objectif de rétablir la vérité sur le jeu vidéo, ses amateurs et ses concepteurs étant atteint. Le seul reproche que l’on pourrait faire est qu’après le condensé sur l’histoire du médium, on fait des allers-retours incessants sur la frise chronologique et l’on s’y perd complètement. Un coup on est en 1989, la minute d’après en 1991 puis on revient en 1987 avant de repartie dans les années 2000. C’est à vous donner le tournis. De même, on sent que le film et formaté pour un public américain (ce qui est étrange quand on sait qu’un des modes de distribution est Netflix) car les intervenants le sont tous ! À part une ou deux interventions d’Hideo Kojima, où sont les développeurs français ? Où sont les autres développeurs japonais ? C’est bien dommage d’avoir fait l’impasse sur le côté multiculturel de l’industrie alors que la plupart des grosses productions emploie des développeurs des quatre coins du monde.

Si vous avez une heure trente à tuer vous pouvez regarder ce film, mais si vous êtes un joueur averti, ne vous attendez pad à apprendre grand chose. Profitez-en pour le montrer à votre femme ou à vos parents voire grands-parents, le film leur étant plus adressé.

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