Plaisirs coupables #1 – Batman Forever SNES

Secret of Batman Forever(more)

3 jours après la sortie du dernier titre de la franchise et pour inaugurer cette section, rien de tel qu’un jeu bien controversé et qui est de notoriété publique comme étant très mauvais. Je m’en fous, c’est un de mes chouchous ! Pour raconter l’anecdote sur la façon dont j’ai obtenu le jeu, il faut repartir en 1996 en juillet le jour de la Saint-Antoine plus précisément, mon oncle (que je salue !) voulait me faire un cadeau et je me revois encore dans le rayon de mon hypermarché avec tous ces jeux dont certains sous blister rigide, en tout cas j’avais le choix. Puis mon regard se pose sur Batman Forever et… Secret of Evermore. La suite, vous l’avez devinée, c’est des heures de crises de nerf et de transpiration sur des passages sur lesquels je reviendrai plus tard.

Les adaptations de films, ça ne date pas d’hier

D’un point de vue développement, ça reste assez flou (on dirait même que les développeurs en ont honte) car il est dit que seul Acclaim Studios London a développé le jeu (puis l’a édité) mais pourtant Probe Entertainment apparait bien dans le splash screen. En tout cas le jeu sort en 1995 (en mai ou septembre selon les sources) sur Super Nintendo (version possédée) et Megadrive soit dans la même période que CastleVania Vampire’s Kiss, Earthworm Jim 2 ou encore la PlayStation et ses jeux en 3D. À noter qu’une version collector exclusive au Royaume-Uni contenant une cassette vidéo avec un making of du jeu et un bloc note avec un stylo bille était également en vente et autant vous dire que je la recherche celle-là.

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Version collector du Royaume-Uni

Concernant le jeu à proprement parler il s’agit d’un beat’em up assez classique mais avec un univers sombre et reprenant la trame du film qui lui est bien mauvais. Pour le scénario, rien de bien folichon non plus mais des prétextes pour nous faire revivre le film avec les mêmes méchants Double-Face et l’Homme-Mystère en tête d’affiche. Le jeu se déroule sur huit niveaux (dont le Manoir Wayne et l’Asile d’Arkham), sans possibilité de sauvegarder ni avec une pile ni avec un système de mot de passe et autant vous prévenir, même le mode “easy” est vachement dur c’est d’ailleurs pour ça que je ne suis pas peu fier de l’avoir terminé à l’époque. Mais ce qui frappe au premier abord, c’est la technique utilisée pour les sprites des personnages qui est la même utilisée que pour Mortal Kombat soit des sprites numérisés basés sur des performances d’acteurs réels. C’est ce qui m’avait impressionné à l’époque, j’avais vraiment l’impression de jouer le film. Mais malheureusement pour nous pauvres joueurs, la comparaison avec la série de jeux de combat de Midway ne s’arrête pas là. Oui car qui dit justicier chauve-souris, dit bat-gadgets et c’est l’essence même du jeu bien que les mouvements de base peuvent faire l’affaire et ce sera souvent le cas. Pourquoi donc ? Tout simplement car les mouvements pour se servir des Bat-gadgets sont de la même trempe que les coups spéciaux du jeu de baston voire des Fatalities ! Mais ce n’est pas tout car certains mouvements obligatoires comme le grappin ou encore le fait de planer qui se font respectivement avec SELECT puis Haut sinon ça ne marche pas et une des diagonales selon la direction. Les contrôles sont vraiment horribles, je le reconnais.

Plaisir coupable ou mauvais jeu ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, à l’époque le jeu se prenait des notes plutôt correctes dans la presse spécialisée française avec par exemple Ultra Player (Septembre / Octobre 1995) qui lui avait attribué 4 goombas sur 6 regrettant le manque de sauvegarde et la petitesse des niveaux. De mon côté j’étais déjà subjugué par les images et les décors. Je n’étais pas spécialement fan du détective mais comme tout bon marmot que j’étais je regardais le dessin animé sur FR3 (qui m’a d’ailleurs traumatisé avec la découverte du visage de Double-Face) et j’aimais ça. Alors quand l’opportunité s’est présentée de pouvoir joué dans cet univers là et de botter les fesses des méchants dans des décors que je trouve encore aujourd’hui splendides, je dis banco ! Du coup, je ne peux me résoudre à le mettre dans les mauvais jeux. Oui les contrôles sont mal pensés, oui les bat-gadgets sont impossibles à sortir surtout dans des moments de stress intense comme le niveau 3 dans le Cirque avec une limite de temps. Mais l’impression d’avoir une aventure avec des ‘acteurs’ numérisés comme dans Mortal Kombat a été plus forte. Bien que je l’ai recommencé à plusieurs reprises j’ai réussi à voir la fin que je ne comprenais pas de toutes façons parce que je ne comprenais pas l’anglais à l’époque et tout est dans la langue de Shakespeare dans le jeu y compris les ‘énigmes’ de l’Homme-Mystère. Mention spéciale aux musiques que je trouve excellente et à mon grand regret l’OST est aujourd’hui introuvable physiquement.

Crousti-Batman, qui peut te battre ?

Il aura tout de même fallu attendre 2009 et l’arrivée de Batman Arkham Asylum pour avoir un vrai bon jeu et sombre à souhait dans l’univers de Batman et avec des contrôles décent. Mais je maintiens que ce Batman Forever est un jeu acceptable avec une bonne durée de vie, une rejouabilité car on peut faire le jeu avec Batman ou avec Robin, on peut jouer à 2 en coopératif (partageant le même nombre de vies) ou à 2 en pouvant se donner des coups (à la manière d’un Donkey Kong Country) mais avec chacun son compteur de vies. Rajoutez à ça le mode Training qui permettait de jouer ou d’affronter tous les personnages du jeu (boss y compris) en versus ou en coop avec un second joueur. Pour moi le seul réel manque est un système de sauvegarde car vu la difficulté dantesque du jeu, c’est vraiment dommage et frustrant de recommencer depuis le début. À noter qu’il existe un cheat code permettant d’accéder à n’importe quel niveau et qui contrairement à la croyance populaire marche sur tous les jeux qu’importe la région. Autre détail amusant les noms des différents ennemis qui sont pris au hasard dans le dictionnaire ce qui nous donne des ‘Shogun’, ‘Chainsaw’ etc…

Bat-portages et Bat-confusion

Il faut savoir que le jeu est sorti sur MegaDrive, Super Nintendo et DOS (version qui possédait de meilleurs graphismes et des voix numérisées pour l’occasion ainsi que des musiques en MIDI) pour les versions de salon et Game Boy et Game Gear pour les versions portables. Attention également à ne pas le confondre avec Batman Forever The Arcade Game qui, comme son nom, l’indique est tiré de la version arcade sortie 1 an plus tard et portée sur PlayStation, Saturn et PC.

Jaquette nord-américaine de Batman Forever the Arcade Game sur PlayStation
Jaquette nord-américaine de Batman Forever the Arcade Game sur PlayStation

Crédits Photos:
Megaoldies.net – Snes-fr.net – Abandonware-magazines.org – Wikipédia.com

Antoine "ACR" Clerc-Renaud

Savant mélange entre rédacteur, auteur et éditeur. Passionné par le jeu vidéo, sa culture et son histoire depuis plus de 20 ans. Voue une admiration profonde aux RPG japonisants, aux musiques symphoniques et aux pizzas. Cowabunga ! Game Boy et écran plasma 50" inclus.

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