Quoi de mieux pour mon premier article sur le site qu’un jeu de mon genre préféré, le RPG, et de surcroît un titre atypique qui m’a foutu une droite après l’avoir fini ?

Sorti en en 1989 sur Famicom puis en 2003 dans la réédition Mother 1+2 sur Game Boy Advance (version à laquelle j’ai joué pour une raison que j’expliquerai plus tard), Mother est l’œuvre et la vision de Shigesato Itoi alors en poste à Nintendo. Il s’agit d’un RPG somme toute assez classique avec combats aléatoires, au tour par tour, mais qui détone par son univers. En effet c’est dans une vision fantasmée de l’Occident que l’histoire prend place dans les années 1980 (en 1988 pour être précis). Autant dire que ça change de tous les jeux avec un univers heroic-fantasy que l’on trouvait à l’époque. On suit le périple d’un jeune homme de 12 ans nommé Ninten qui part pour récupérer les Huit Mélodies afin de sauver le monde d’une attaque extra-terrestre. Si jusque-là on reste en terrain connu, la suite est plus surprenante.
Le jeu propose un mode de représentation en 3D isométrique alors qu’elle n’était répandue que dans quelques jeux d’arcade et micros, c’est un sacré défi en terme de développement sur NES.

Ecran_Selection

Un bel écran pour choisir sa cartouche

Mother 1+2_04

Une 3D isométrique qui rend plutôt bien

Ensuite, Itoi a profité du contexte pour introduire des concepts extrêmement intéressants comme le fait d’affronter des ennemis potentiellement “réels”. En effet, entre les animaux sauvages, les camions possédés, les hippies (mon préféré avec un thème qui rappellera un bon vieux rock bien rétro à certains 😉 ) on reste dans quelque chose de plausible. Ensuite, le jeu vidéo était à l’époque destiné aux enfants et adolescents, c’est la raison pour laquelle à chaque fin de combat on ne tue pas l’ennemi mais pour les animaux par exemple on les apprivoise, pour les humains ils redeviennent normaux, et il n’y a que les véhicules / machines que l’on détruit. Il fallait y penser ! De même tout parait cohérent, par exemple pour sauvegarder, on doit téléphoner à son père, ou encore pour acheter de l’équipement il faut des espèces que l’on retire auprès d’un distributeur à l’aide de sa carte de débit (et non pas de possibilité de payer avec sa carte).

On apprivoise les animaux une fois battus, belle idée

On apprivoise les animaux une fois battus, belle idée

Attention une lampe possédée !

Attention une lampe possédée !

Graphiquement on reste dans le sobre comme vous pouvez le voir avec les screenshots ornant cette critique. Les limitations techniques de l’époque en sont la cause principalement mais il faut dire que ça a son charme de se friter sur un fond complètement noir et pour la maison hantée ou le labyrinthe ça renforce encore plus l’effet. Je trouve également que ça permet au jeu de mieux vieillir que d’autres jeux de l’époque.

Plus haut je disais que j’avais joué au portage sur GBA pour une raison particulière dont je n’ai pris connaissance qu’au hasard d’une recherche sur le net. En effet peu après le début du jeu, on peut récupérer un objet nommé le ‘Easy Ring’ qui rend le jeu beaucoup plus facile qu’à l’époque sur Famicom. Et pourtant le jeu reste très dur et sans faire un peu de levelling on n’est pas à l’abri d’un game over malencontreux.

Pour la partie sonore et malgré les limites de la console, les musiques de Keiichi Suzuki et Hirokazu ‘HIP’ Tanaka sont excellentes (pour peu que l’on aime le chiptune) et les bruitages retranscrivent bien ce qu’ils sont supposés représenter. Ce que j’ai surtout aimé avec les compositions, c’est qu’elles changent selon la situation. En effet quand on se bat contre un extraterrestre la musique n’est pas la même que lorsqu’on se bat avec un hippie ou encore un robot. De plus selon comment l’équipe est constituée la musique d’exploration sera différente, de même que l’endroit où on se trouve.

Dernière chose qui m’avait frappé, c’est le fait qu’en début de partie on nous demande de nommer le personnage principal, ses 3 amis ainsi que son plat préféré. Ce sont des informations évidemment réutilisées plus tard dans le jeu et ça renforce d’autant plus l’impact de certaines scènes mais point de spoil ici, jouez simplement au jeu.

Pour conclure, Mother est un RPG rétro aussi bien dans sa partie graphique et sonore mais aussi dans la conception-même du jeu. C’est dur, c’est long, c’est excellent et bourré de bonnes idées. Pour ma part je l’ai préféré à sa suite (Mother 2 / EarthBound) notamment sur l’aspect expérimental du titre. Par contre profitez des fans et trouvez-vous une traduction sans quoi ce sera inabordable.