Breath of Fire – SNES

Ce n’est un secret pour personne, je suis un énorme fan de RPG surtout à la japonaise, ce genre ayant bercé mon enfance et surtout mon adolescence. De plus c’est durant cette période que je m’étais abonné à Gameplay RPG (créé et tenu par le charismatique Jay) qui représentait pour moi la quintessence du magazine de jeux vidéo vu qu’il était consacré à mon genre favori et surtout traité avec passion par toute l’équipe.
C’est donc comme ça que j’ai pu lire des tests et autres critiques de différents jeux, différentes suites auxquelles je ne voulais pas me frotter préférant commencer par le premier épisode. Breath of Fire est l’un d’entre eux auquel je me suis attaqué récemment et qui méritait une critique sur RetroGamer.ca.

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Un nouveau souffle

Première tentative de Capcom dans le genre RPG sur la 16 bits de Nintendo, il est bon de rappeler que le jeu a été également chapeauté par Squaresoft mais seulement d’un point de vue localisation et distribution pour les U.S.A, l’expérience de Final Fantasy premier du nom ainsi que des The Final Fantasy Legend étant de bons faire-valoir. Pour autant la maison-mère derrière Megaman a joué la carte de la sécurité même si quelques particularités le font sortir du lot comme nous le verrons plus tard.

La recette du RPG suivie à la lettre

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce Breath of Fire est traditionnel. En effet c’est comme si Capcom avait pris un chaudron d’alchimie (comme on peut les voir dans Dragon Quest VIII ou dans le plus récent Ni No Kuni) et avait mis tous les ingrédients du RPG japonais en moyenne quantité pour ne pas trop prendre de risques tout en le mijotant à sa sauce.
On retrouve donc des combats aléatoires, une carte du monde, une alternance entre villes / villages et donjons / cavernes malfamés. Concernant les combats, ils se déroulent en tour par tour mais avec une vue de 3/4 les personnages étant à droite et les ennemis à gauche nous donnant un effet de profondeur plutôt bienvenue, ce principe sera ensuite repris dans les Suikoden I et II de Konami. De même on retrouve une équipe de quatre personnages dans son équipe à l’instar d’un Dragon Quest ou des Final Fantasy de l’époque.
Même l’histoire est plus que classique avec le village du héros qui se fait détruire en début de jeu mais très décousue par la suite malheureusement. Graphiquement c’est également ce qu’on voyait à l’époque sans être plus ou moins beau (l’âge d’or de la machine n’arrivera que 2 ans après). Cependant le jeu tire son épingle du jeu à plusieurs reprises.

Mais avec une petite dose d’audace

En effet le jeu serait bien morne et terne si les développeurs de chez Capcom ne s’était contenté que de suivre ce “script”. Ils ont en effet pensé à inclure quelques petites choses pour rendre leur jeu différent. Tout d’abord, le héros et bien nommé Ryu (même si dans ma version il s’appelle ACR c’est plus la classe) a la capacité de se transformer en dragon après avoir passé certaines épreuves. Ensuite presque chaque personnage a une habileté spéciale utilisable hors-combat et lorsque ce dernier est placée à la tête de l’équipe : Bo, l’archer à moitié loup, peut chasser les animaux qui se baladent sur la carte (ce sera même obligatoire à un moment du jeu) ainsi que marcher dans les arbres qui ne sont alors plus des obstacles ; Gobi, l’homme-poisson, peut se transformer en poisson pour naviguer librement dans le monde sous-marin après avoir regagné son rang déchu dans sa tribu ; Karn, le voleur, peut ouvrir les portes verrouillées et même ouvrir certaines marques sur la carte seulement après avoir fusionné avec certains membres de l’équipe (ces pouvoirs de fusion sont secrets et bien cachés) ; Ox, l’homme-bête, à la force surhumaine peut pousser des caisses lourdes et aussi détruire des murs et créer des passages ou encore taper dans des arbres sur la carte pour récupérer des fruits (ça aussi obligatoire à un moment dans le jeu… les joies des quêtes FedEx) ; Nina peut, quant à elle, se transformer en oiseau permettant au joueur de se rendre n’importe où  sur la carte dommage que la carte ne soit pas accessible en vol ; enfin le héros peut pêcher dans des puits disséminés sur la carte qui contiennent les pièces d’équipement les plus puissantes du jeu. Enfin le cycle jour-nuit est une bonne idée qu’il faudra exploiter par moment.

Un parfait reflet de son époque

Quand je fais ce comparatif de recette suivie consciencieusement comme je l’ai fait plus haut, ce n’est en aucun cas un reproche car le jeu reste agréable à jouer et c’est bien le plus important. Cependant cela reste un constat qui est révélateur de l’état du RPG de l’époque. Effectivement on pourrait croire à de la fainéantise mais c’est surtout le souci de satisfaire les joueurs qui est manifesté ici. De plus en 1993, à part les Final Fantasy et les Dragon Quest, les modèles du genre étaient minces et on ne prenait pas le temps de guider le joueur ce qui, maintenant, est très frustrant et honnêtement sans solution pour m’aider, je ne serais pas allé bien loin.

Un succès critique…sauf en Europe !

Le jeu a eu une bonne réception lors de sa sortie au Japon et en Amérique du Nord. J’ai même réussi à trouver le seul test paru dans un magazine français à l’époque qui sont les seuls magazines francophones que je connaisse à l’heure actuelle qui sont utilisables grâce à l’excellent site abandonware-magazines.org qui nous permet d’avoir nos vieux magazines du passé. C’est donc Console+, dans le numéro 36 d’octobre 1994 que le jeu (dans sa version américaine) est testé par Nico qui lui donne 91% d’intérêt au global en ne cessant de le comparer à Zelda ou Secret of Mana ce qui m’irrite un peu maintenant même s’il faut reconnaître que ces deux jeux représentaient le canon du “genre” (Zelda n’étant pas un RPG). Pour rappel le jeu est bel et bien sorti en Europe mais dans des quantités très limitées ce qui explique son prix de nos jours. Vous trouverez également le test, par Ben, de la version Game Boy Advance US parue dans le Gameplay RPG #17 de Février 2002.

OK. Et maintenant ?

Le jeu a été porté en 2001 (2002 pour l’Europe) sur Game Boy Aadvance avec des graphismes et musiques légèrement améliorés mais les deux véritables avantages de cette version restent la capacité à sauvegarder à n’importe quel moment et surtout son prix aujourd’hui. En effet cette version GBA est beaucoup plus abordable que son homologue sur SNES la faute à une demande toujours plus conséquente et une offre inférieure. Ce qui nous donne une fourchette de prix allant de $10 à $50 selon l’état pour la version portable et de $50 à plus de $100 pour la version de salon. Sinon pour y jouer sans se ruiner il reste l’émulation qui demeure pratique avec ses save states. Mais bien évidemment on ne vous le recommande pas.
En bref Breath of Fire est un excellent début et un jeu agréable pour ce qui deviendra une grande franchise. Néanmoins il reste classico-classique et ce, même s’il apporte quelques innovations bienvenues.

Antoine "ACR" Clerc-Renaud

Savant mélange entre rédacteur, auteur et éditeur. Passionné par le jeu vidéo, sa culture et son histoire depuis plus de 20 ans. Voue une admiration profonde aux RPG japonisants, aux musiques symphoniques et aux pizzas. Cowabunga ! Game Boy et écran plasma 50" inclus.

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